Category: Livres,Romans et littérature,Théâtre
Théâtre Details
Un siècle exactement après sa mort, le Norvégien Henrik Ibsen est considéré comme l'un des pionniers du théâtre moderne. Le temps ne semble pas avoir de prise sur lui, peut-être parce qu'il a soulevé des questions essentielles, sur la morale, la société, la famille, l'individu, l'humain en général, tout en laissant aux générations successives le soin d'y apporter les réponses qui leur conviennent. Les grands écrivains ont proclamé leur admiration pour son ouvre, et le jeune Joyce n'a pas hésité à apprendre les rudiments du norvégien pour lui dire, dans une lettre célèbre, à quel point son théâtre, « absolument indifférent aux canons officiels de l'art, de l'amitié et des mots d'ordre », comptait pour lui. Joyce ne se trompait pas en pointant la « résolution farouche » avec laquelle Ibsen cherchait à « arracher à la vie son secret ». Comment mener une « vie vraie » : la question est centrale dans le théâtre d'Ibsen, dont cette édition, composée de traductions nouvelles, propose l'essentiel : les dix-sept dernières pièces (sur un total de vingt-six), depuis Les Prétendants à la couronne, encore imprégnée de l'inspiration historique qui fut celle du jeune dramaturge lecteur de sagas, jusqu'à Quand nous ressusciterons, qui est en quelque sorte l'« épilogue dramatique » de l'ouvre, en passant par Peer Gynt, où s'accuse la rupture avec le romantisme, et par tous les chefs-d'ouvre dits « bourgeois ». Mais le qualificatif ne rend guère justice à ces tragédies du quotidien. Chez Ibsen, les fenêtres du salon donnent sur le fjord. La force et le mystère du paysage scandinave passent dans les caractères des créatures de celui qui fut (selon André Suarès) « le seul Rêveur, depuis Shakespeare ».

Reviews
Ce volume a 1890 pages. Il contient les 16 ou 17 pièces majeures du théâtre d Ibsen selon que l on considère "Empereur et Galiléen" comme une ou deux pièces. On y trouve bien sûr "Peer Gynt", "Une maison de poupée" et "La Cane sauvage", mais aussi "Brand" et "Petit Eyolf", représentés récemment pour la première fois à l attention du public francais.C est à Régis Boyer, traducteur infatigable, défenseur et introducteur des sagas islandaises et de toute la littérature scandinave et nordique qui compte, que l on doit ce volume incomparable. Son introduction, ses notes et les appendices qu il livre sont remarquables de précisions sans jamais friser l érudition pédante que l on trouve parfois chez certains spécialistes universitaires.Il met clairement en lumière les thèmes essentiels du grand Norvégien : le désir qu a chacun de nous d accomplir sa vocation, le doute, le "mensonge vital" que nous entretenons sur nous-mêmes pour nous permettre d accepter de vivre, l hypocrisie des "soutiens de la société", le destin inexorable qui nous poursuit. A cela s ajoute chez Ibsen le désir lancinant de pénétrer la psychologie féminine, sans doute la préoccupation principale de toute sa vie d homme de théâtre.Nora Helmer, Ellida Wangel, Hedda Gabler ou Rebekka West sont des figures inoubliables de détermination ou de contradictions comme Brand et Peer Gynt le sont pour leur désir de vivre ou leur attirance morbide pour la destruction.L essentiel de ce théâtre est l éternel tragédie de l homme confronté à son destin et incapable de le surmonter tout seul.Ce volume est à mettre impérativement dans sa bibliothèque d honnête homme du début du XXIe siècle.


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